Début de chantier dans une salle de bain de 6 m² : la cliente voulait du carrelage hexagonal au sol, « comme sur Pinterest ». Résultat ? Trois formats commandés, deux renvoyés, un joint mal choisi qui écrase tout l’effet graphique. Mon équipe voit ce type d’erreur régulièrement. Le carrelage hexagonal séduit vite, mais il réclame quelques arbitrages précis avant d’acheter la moindre boîte.
Grès cérame, carreau de ciment : quel matériau pour quel sol
Le format hexagonal n’est pas nouveau. La tomette hexagonale en terre cuite habillait déjà les mas provençaux et les bistrots parisiens du siècle dernier. Ce qui a changé, c’est le matériau : le grès cérame a pris le relais, apportant la résistance et la facilité d’entretien qui manquaient à la terre cuite traditionnelle.
Aujourd’hui, le carreau hexagonal se décline en grès cérame émaillé, grès cérame teinté dans la masse ou carreau de ciment pour les sols, la faïence hexagonale étant plus fragile et réservée aux murs. Des enseignes spécialisées comme As de Carreaux regroupent l’ensemble de ces références en un seul catalogue, avec un simulateur 3D pour visualiser le rendu avant de commander. Sur le terrain, chaque matériau répond à un usage précis, et c’est ce premier choix qui conditionne tout le reste. Le carreau de ciment, poreux par nature, nécessite un traitement hydrofuge spécifique et reste déconseillé en zone de douche directe.
Ce que l’on remarque sur tous les chantiers, c’est la géométrie : posé au sol, le réseau de joints à six côtés structure visuellement la pièce sans l’alourdir. Contrairement au carré ou au rectangle, il n’oriente pas le regard dans une direction unique, ce qui le rend bien adapté aux petits espaces.
Quelle pièce pour quel carrelage hexagonal sol
Salle de bain et douche italienne
C’est l’usage le plus courant, et celui qui demande le plus de rigueur. En zone humide, le carrelage hexagonal sol doit impérativement être en grès cérame, la faïence étant réservée aux murs. Sur chantier, on vérifie systématiquement le critère E2 minimum du classement UPEC et l’indice antidérapant R10 (indice B ou C) pour une douche à l’italienne : c’est ce dernier qui compte vraiment pour la sécurité sous les pieds mouillés, pas l’indice d’usure. Ces informations figurent sur la fiche technique du carreau ou sur l’étiquette en magasin, rubrique « classement antidérapant ».

Les petits formats (14×16 cm ou 17×20 cm) fonctionnent bien car ils génèrent naturellement davantage de joints, ce qui augmente la surface de texture et facilite l’évacuation de l’eau sous les pieds mouillés. Le joint, lui, doit être hydrofuge et époxy en zone de douche : un joint ciment standard est poreux et se détériore progressivement face aux projections quotidiennes.
Cuisine et entrée
En cuisine comme en entrée, nos techniciens reviennent toujours aux mêmes critères : résistance aux chocs et facilité de nettoyage. Le grès cérame teinté dans la masse est ici le choix le plus solide, une rayure en surface ne révèle pas une couleur différente en dessous.
L’entrée est souvent négligée dans les calculs de résistance. C’est pourtant la zone la plus sollicitée de la maison : talons, semelles chargées de sable ou de gravier, meubles qu’on déplace. En pratique, on s’assure d’un classement UPEC U3P3 minimum pour une entrée résidentielle (U = résistance à l’usure, P = résistance au poinçonnement), U4P3E1C1 pour un immeuble collectif ou une entrée de local professionnel. Ces codes figurent sur la fiche produit de chaque carreau et sont définis par les normes UPEC du CTMNC.
En cuisine ouverte sur salon, le carrelage hexagonal sol crée une délimitation naturelle des espaces sans cloison. Nos techniciens utilisent souvent ce principe pour marquer la transition entre carrelage et parquet, l’effet est propre et très lisible.
Salon et chambre
En salon ou chambre, pas de zone humide, pas de fort passage : le choix se fait davantage à l’œil. Les grands formats hexagonaux (25×29 cm, 30×35 cm) prennent ici tout leur intérêt : moins de joints visibles, rendu plus épuré. Dans les pièces de taille correcte, ça agrandit visuellement sans forcer. En chambre, le carrelage hexagonal sol en grès cérame effet béton ou pierre offre un sol neutre qui supporte tous les styles de mobilier.
Chutes, colle, joint : ce qu’il faut avoir vérifié avant de commander
Le calcul des chutes
C’est l’erreur la plus fréquente sur ce format. Avec un carré ou un rectangle en pose droite, on prévoit généralement 5 à 10 % de chutes. Avec un hexagone, la découpe en périphérie est systématiquement plus complexe : les angles rentrants en bordure de pièce imposent des coupes multiples. Prévoir 10 à 15 % de surplus selon la forme de la pièce, davantage si elle comporte des recoins ou des alcôves.
La colle et le peigne
Le carrelage hexagonal sol nécessite un mortier-colle adapté au format. Pour les petits carreaux hexagonaux, une colle C2 standard suffit en simple encollage. Au-delà de 900 cm² de surface par carreau (soit environ 30×30 cm), le DTU 52.2 impose le double encollage avec une colle déformable C2S1 minimum : la colle est étalée à la fois sur le support et au dos du carreau. Concrètement, ces choix sont à valider avec votre carreleur avant la commande de colle, en fonction du format retenu. Pour les carreaux de moins de 20 cm, un peigne cranté de 6 à 8 mm convient. Au-delà, passer en 10 mm minimum pour garantir un encollage complet, sans zone creuse sous le carreau. Une zone non encollée sous un hexagone en grès cérame, c’est un son creux sous le pied, le geste classique du carreleur pour détecter un défaut de pose, et une fissure à moyen terme.
Le choix du joint
La largeur et la couleur du joint changent radicalement le rendu. Un joint ton-sur-ton (blanc sur carrelage blanc, gris sur carrelage gris) efface la géométrie et donne un effet plus lisse, presque contemporain. Un joint contrasté (noir sur tomette beige, gris foncé sur carrelage blanc) fait ressortir le réseau hexagonal et accentue le caractère graphique.
C’est pourquoi le joint doit être choisi avant la commande du carrelage, pas après : certains coloris de carreaux n’existent qu’en finition brillante, ce qui réduit les options de joint contrasté sans créer un effet trop dur. Tester l’association avant la commande évite de se retrouver avec un rendu qu’on n’avait pas anticipé, et qu’on ne peut plus corriger une fois la pose faite.
Largeur minimale recommandée : 2 mm pour un grès cérame rectifié, 4 à 5 mm pour un format tomette ou carreau de ciment, dont les bords sont moins parfaits.
Bien choisir son carrelage hexagonal sol : par où commencer
Trouver des références de qualité sur ce format demande du temps : les grandes surfaces de bricolage proposent souvent un choix limité, concentré sur deux ou trois coloris basiques. Les enseignes spécialisées dans le carrelage offrent en général un catalogue bien plus étoffé : tomettes, grès cérame, grands formats, carreaux de ciment, avec un simulateur 3D pour visualiser le rendu dans votre pièce avant de commander.
Pour approfondir le sujet sur un espace spécifique, notre guide sur le carrelage hexagonal en WC détaille les choix adaptés aux petites surfaces et aux contraintes sanitaires particulières.
Le carrelage hexagonal au sol n’est pas plus compliqué à réussir qu’un carrelage classique, à condition de ne pas sous-estimer les chutes et de choisir le joint avant d’acheter le carrelage, pas après.




